
Femme fontaine,
squirting,
éjaculation féminine : comprendre les émissions fontaines sans tabou
Par Nathalie Giraud Desforges, sexologue - Piment Rose

Femme fontaine : de quoi parle-t-on vraiment ?
Femme fontaine, femme jaillissante, femme ruisselante…
Ces mots fascinent, inquiètent parfois, et soulèvent beaucoup de questions.
Certaines femmes se demandent :
"Pourquoi moi ?"
"Est-ce normal ?"
"Est-ce que je fais quelque chose de bizarre ?"
Parler des émissions fontaines, ce n’est donc pas créer une nouvelle obligation voire norme sexuelle.
Mais c’est sortir de la confusion, enlever la honte et le jugement pour redonner au corps féminin sa merveilleuse diversité.
Femme fontaine, squirting, éjaculation féminine : mettre fin à la confusion
Un point essentiel : on confond souvent plusieurs phénomènes distincts.
L’éjaculation féminine
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Émission faible en quantité
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Liquide blanchâtre ou lactescent
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Provenant des glandes para-urétrales (souvent appelées glandes de Skene)
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Survient parfois au moment de l’orgasme, parfois sans orgasme
Le squirting (ou émission fontaine)
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Émission abondante, parfois jaillissante parfois ruisselante
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Liquide clair et inodore
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Provenant majoritairement de la vessie
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Peut survenir avec ou sans orgasme
=> Les deux existent
=>Les deux sont physiologiques
=> Mais ce ne sont pas la même chose
Ce que dit la science (simplement et sans fantasme)
Les recherches médicales menées notamment par Samuel Salama et le Dr Pierre Desvaux (leur livre : Femmes fontaines et éjaculation féminine - Mythes, controverses et réalité) et Jean‑Claude Pons ont permis de mieux comprendre le phénomène.
Les études d’imagerie (échographie, IRM) montrent que :
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lors d’une stimulation sexuelle intense, souvent autour de la zone G,
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la vessie se remplit rapidement,
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puis peut se vider de façon réflexe.
Les analyses biologiques du liquide montrent :
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une composition proche de l’urine très diluée,
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parfois enrichie de PSA (Antigène Prostatique Spécifique), produit par les glandes para-urétrales.
=> Ce n’est ni sale, ni pathologique, ni une perte de contrôle ou le signe évident d'une fuite urinaire.
=> C’est une réponse corporelle autonome, pas une erreur du corps !
Des publications relayées par International Society for Sexual Medicine confirment que le squirting est un phénomène physiologique possible, mais non universel.

Toutes les femmes sont-elles concernées ?
NON ! Et c’est fondamental.
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Certaines femmes vivront des émissions fontaines
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D’autres jamais
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Certaines occasionnellement
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D’autres uniquement dans des contextes très précis
=> Aucune expérience n’est plus valable qu’une autre.
=> L’absence de squirting ne dit rien de la capacité orgasmique, du plaisir ou de la sensualité d’une femme.
Le vécu des femmes : entre surprise, plaisir et parfois gêne
Les récits recueillis en cabinet, en ateliers ou en stages sont très variés :
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sensation de vague ou de débordement
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grand lâcher-prise
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plaisir intense et expansif
Mais aussi :
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surprise
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gêne
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inquiétude, surtout lors de la première expérience
=> Le problème n’est pas le phénomène mais le manque d’information et de transmission.

Sortir de la pression et des injonctions sexuelles
Il est essentiel de le dire clairement :
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Être « femme fontaine » n’est pas un objectif
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Ce n’est pas un trophée sexuel
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Ce n’est ni une obligation ni un signe de réussite
Le plaisir féminin :
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ne se mesure pas à la quantité de liquide,
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ne se prouve pas,
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ne se compare pas.
=> Le plaisir est une expérience intérieure, pas une performance visible.
Une lecture symbolique : l’Amrita, le nectar des dieux
Dans certaines traditions tantriques et taoïstes, les fluides sexuels féminins sont associés à l’Amrita, le « nectar des dieux ».
Non pour créer une norme, mais pour rappeler que le corps peut parfois s’exprimer au-delà du mental :
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par des soupirs
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par des tremblements
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par des larmes
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par des fluides
=> Le corps n’a pas besoin d’être expliqué pour être respecté
Femme fontaine et sexualité consciente
Dans une approche sexologique et thérapeutique :
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on accueille les réactions du corps,
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on sécurise l’expérience (information, consentement, cadre),
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on dédramatise.
Certaines femmes vivent ces émissions comme une ouverture profonde.
D’autres préfèrent une sexualité plus contenue.
Les deux chemins sont justes.



Redonner au corps féminin sa diversité
Parler de femme fontaine simplement, c’est :
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enlever la honte
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enlever la pression
-
sortir des fantasmes irréalistes
Il n’y a pas une bonne façon de ressentir le plaisir.
Il y a votre façon.
Et cela suffit amplement...
Dessin extrait du documentaire d'Alice Heit "Eaux Profondes" : Plongeon dans les continents mystérieux du plaisir féminin, Les Eaux profondes s'interroge autour de ces "fontaines", qui jaillissent parfois au moment du plaisir
Références scientifiques
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Salama S. & Pons J-C. – Travaux cliniques sur le squirting et les glandes para-urétrales
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Publications relayées par International Society for Sexual Medicine
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Analyses d’imagerie pelvienne (IRM, échographie) – revues de sexologie clinique
Pour aller plus loin : Femme Fontaine le mystère dévoilé https://www.pimentrose.fr/post/femmes-fontaine-le-mystere-enfin-devoile
Suggestion Piment Rose : Accompagner les émissions fontaines en douceur
Les émissions fontaines peuvent s’accompagner d’une stimulation intense, parfois prolongée, et d’un grand lâcher-prise corporel. Certains accessoires peuvent aider à se sentir en sécurité, à l’aise et à l’écoute de son corps, sans chercher à provoquer quoi que ce soit.
Un lubrifiant fluide à base d'eau accompagné d'un sextoy
"aspirateur à clitoris" Womanizer Liberty
Un lubrifiant à base d’eau, non collant et sans parfum, permet de :
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soutenir les stimulations prolongées (zone G, clitoris, vulve),
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limiter les frottements,
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préserver le confort vaginal et urétral.
=> À privilégier :
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texture fluide ou semi-gel
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formule respectueuse du pH intime
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compatible sextoys et préservatifs
Chez Piment Rose, nous recommandons les lubrifiants à base d’eau pour leur neutralité et leur grande tolérance, surtout lors d’explorations intenses ou inhabituelles.
Un sextoy doux pour la stimulation interne (zone G)
Si une femme souhaite explorer ses sensations sans objectif de résultat, certains sextoys peuvent accompagner la découverte :
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forme courbée et ergonomique pour la zone G
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silicone médical doux
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vibrations modulables ou utilisation sans vibration
=> L’idée n’est pas de « déclencher » une émission, mais de soutenir l’écoute corporelle, le rythme personnel et le relâchement.
=> Un sextoy bien choisi peut aider à explorer les sensations internes en restant dans la douceur et le respect du corps.

